Vendredi 7 janvier 2011

OGM : l’Eglise subit des pressions

Dans une interview publiée par L’Osservatore Romano le 4 janvier 2011, le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, fait part de ses réserves envers les organismes génétiquement modifiés (OGM). L’Église ferait l’objet de pressions sur le sujet, tant au niveau local, en Afrique, qu’au Vatican.

C’est au fil d’une longue interview aux sujets multiples que le cardinal ghanéen Peter Kodwo Appiah Turkson s’interroge sur le bien-fondé du recours aux OGM pour dynamiser l’agriculture en Afrique.

Il constate que, « surtout en Afrique, certaines multinationales cherchent et obtiennent l’approbation des évêques locaux pour diffuser l’utilisation de ces organismes » et invite à se demander « honnêtement » si les OGM ne seraient pas « plutôt un business pour enrichir certains ». Et de douter de leur « réelle nécessité », qui semble davantage motivée par « le traditionnel jeu de la dépendance économique à maintenir à tout prix ».

Voir l’article complet sur : http://www.famillechretienne.fr//societe/environnement/sursauts-dans-leglise-contre-lesogm_t7_s33_d59245.html?type=1#confirmation

La faim et les OGM : extrait de « Caritas in veritate »

Donner à manger aux affamés (cf. Mt 25, 35.37.42) est un impératif éthique pour l’Église universelle, qui répond aux enseignements de solidarité et de partage de son Fondateur, le Seigneur Jésus. Éliminer la faim dans le monde est devenu, par ailleurs, à l’ère de la mondialisation, une exigence à poursuivre pour sauvegarder la paix et la stabilité de la planète.

La faim ne dépend pas tant d’une carence de ressources matérielles, que d’une carence de ressources sociales, la plus importante d’entre elles étant de nature institutionnelle. Il manque en effet une organisation des institutions économiques qui soit en mesure aussi bien de garantir un accès régulier et adapté du point de vue nutritionnel à la nourriture et à l’eau, que de faire face aux nécessités liées aux besoins primaires et aux urgences des véritables crises alimentaires, provoquées par des causes naturelles ou par l’irresponsabilité politique nationale ou internationale.

Le problème de l’insécurité alimentaire doit être affronté dans une perspective à long terme, en éliminant les causes structurelles qui en sont à l’origine et en promouvant le développement agricole des pays les plus pauvres à travers des investissements en infrastructures rurales, en systèmes d’irrigation, de transport, d’organisation des marchés, en formation et en diffusion des techniques agricoles appropriées, c’est-à-dire susceptibles d’utiliser au mieux les ressources humaines, naturelles et socio-économiques les plus accessibles au niveau local, de façon à garantir aussi leur durabilité sur le long terme.

Tout cela doit être réalisé en impliquant les communautés locales dans les choix et les décisions relatives à l’usage des terres cultivables.

Dans une telle perspective, il serait utile de considérer les nouvelles frontières qui sont ouvertes par l’usage correct des techniques de production agricole aussi bien traditionnelles qu’innovantes, à condition que ces dernières, ayant été étudiées attentivement, soient reconnues convenables, respectueuses de l’environnement et attentives aux populations les plus défavorisées.

Question annexe parfois posée : l’Eglise est-elle dans son domaine de compétence lorsqu’elle donne un avis sur les OGM ?

Ma réflexion : Oui, car ce sujet touche à la nature même de la Création et pourrait avoir des répercussions très graves d’abord pour l’agriculture, et plus généralement pour le devenir de la société humaine. Tout ce qui est techniquement faisable n’est pas souhaitable sur un plan économique, social, écologique (pour l’aspect développement durable) et aussi (et surtout) sur un plan moral. Lorsque la possibilité de fabriquer des humains avec des gènes provenant d’autres espèces animales (ne riez pas cela existe déjà dans l’autre sens depuis plusieurs années), cela sera -t-il moralement souhaitable, même si c’est utile et non polluant … ?

Les avis que l’Eglise (ou ses représentants) donne sur ce sujet sont par ailleurs très bien informés sur les plans scientifique et économique, et respectent la vertu de prudence. R. CARON

Voir en ligne : http://www.famillechretienne.fr//so…