Dimanche 6 avril 2008

OGM : autorisation d’importation du maïs GA 21 : une perte de 750 millions d’€ pour les producteurs français !

mardi, 1er avril 2008 / Emilie Castanier / Chargée de communication

La Commission européenne a donné vendredi 28 mars une autorisation d’importation pour un type supplémentaire de maïs OGM : le GA 21. Ce maïs résiste à l’application en végétation du glyphosate, herbicide total de Monsanto commercialisé sous le nom de Round-upMD.

La Commission peut tout d’abord être satisfaite d’avoir réussi à favoriser les importations de maïs argentin pour « casser » le marché du maïs européen. Alors que le prix du maïs était en Europe historiquement à peine supérieur à celui du blé, le différentiel est aujourd’hui inversé et s’élève à 70 à 80 euros par tonne. S’il perdure, il mettra en péril la production européenne de maïs. En effet, d’une part notre maïs ne peut être compétitif avec celui des Etats-Unis ou d’Argentine, où les coûts de productions sont deux fois moindres qu’en Europe. Par ailleurs, de nombreux agriculteurs européens vont s’en détourner au profit du blé. Résultat : l’Europe, déficitaire, sera contrainte d’importer du maïs OGM. Nous allons tout droit vers une banalisation du maïs OGM en Europe, comme cela a été le cas pour le soja.

Dans cette affaire, la position de la France, qui est pourtant le premier producteur de maïs des 27 Etats-membres, est incompréhensible. Comment interpréter son abstention sur le dossier du GA 21, alors que nous avons de gros intérêts commerciaux à défendre et que la culture commerciale des maïs OGM est interdite dans l’Hexagone ? Ceci revient à laisser le champ libre à la Commission et aux lobbies qu’elle défend. Alors que des chartes de production de maïs sans OGM ont été mises en place depuis plusieurs années dans le but de valoriser notre production, le silence des interprofessions céréalières françaises (ONIGC et Intercéréales) est tout aussi inquiétant.

De la même manière, le maïs Herculex d’Amérique du Sud avait commencé l’automne dernier à entrer dans les ports européens l’automne dernier, faisant baisser les cours d’une trentaine d’euros par tonne. Cette fois, les cotations sur le marché à terme ont anticipé cette nouvelle autorisation, chutant à nouveau d’une vingtaine d’euros. Tout ceci se traduit par une perte de 50 €/t de maïs, soit environ 500 € de recettes par hectare de maïs et 750 millions d’euros pour l’ensemble de la production française.

http://www.coordinationrurale.fr/spip.php?article725