Cette devise pour donner la coloration du voyage apostolique en France est tirée de l’Évangile selon st Jean, au chapitre 6, verset 51. Le verset complet est : « Moi, je suis le pain vivant descendu du Ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour toujours. Et le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. »
Ces trois jours intenses de notre Saint-Père sur nos terres étaient vraiment pour que la France ait la vie ! Et l’ait de nouveau en abondance.
Comme disait François Vannesson sur son blog au lendemain de la venue du Saint-Père : « Ce qui s’est levé est la France elle-même, la France profonde au sens tellurique du mot, la France d’avant la fracture, d’avant le mensonge, d’avant cette lobotomie qui nous a fait croire pendant un demi-siècle que l’on pouvait vivre ensemble sans raison commune de vivre. »
La France reste bien la fille aînée de l’Église, parce que Dieu l’a voulu ainsi et ce passage du doux vicaire du Christ est venu nous le rappeler et a soufflé très fort sur les braises d’une foi endormie, pour, qu’à nouveau, nous puissions « connaître et aimer Jésus- Christ avec passion encore et encore… »
Déjà, par les cloches des églises de nos villages et villes qui ont sonné le vendredi à 10 h pour accueillir le Pape à l’aéroport, le cœur des Français s’est soudainement ouvert à recevoir quelque chose qui vient d’en-Haut, car, comme l’a dit le Pape dans l’homélie place de la Concorde : « Force est de constater qu’ici-bas, rien ne parvient à nous combler pleinement ». Le désir de Dieu habite notre cœur au plus profond et nous crions avec le Psalmiste : « Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant. » Ps 41
Le cœur des Français a soif de Dieu, a faim de ce pain vivant descendu du Ciel pour avoir la vie en abondance. Sur cette place de la Concorde, le Pape commençait son homélie en disant : « Je remercie Dieu de la grâce qui m’est offerte de me trouver ici, sur cette place de la Concorde, pour célébrer l’Eucharistie. »
C’est l’immense grâce d’avoir pu faire un acte de réparation par le sacrifice eucharistique, sur cette place où la tête du roi est tombée, manifestant par là le mépris de Dieu et la volonté d’en finir avec les racines chrétiennes de la France. Cette unité entre le passé « façonné par les saints qui ont fait la France » et cet aujourd’hui où les jeunes en particulier sont les nouveaux saints, est rétablie.
Les Journées paysannes rentrent dans cette espérance, car ce sont les familles paysannes qui ont donné le plus de saints et elles sont là pour rappeler que le travail des paysans a sa fécondité dans le mystère de l’Eucharistie.
Ce travail fait sous le regard de Dieu donne à cette foule de prêtres qui servent nos paroisses et nos monastères, le pain et le vin appelés à devenir le Corps et le Sang du Christ pour que la France ait la vie. Ce travail, accompli selon le dessein de Dieu, vient aussi donner plus de force à la Parole de Dieu afin d’être mieux accueillie dans le cœur des croyants. Comment pourrait-elle porter son fruit dans le cœur des chrétiens de France si ceux-ci ne voient plus une brebis, un bon berger, un cep de vigne, un champ où tombe une semence de blé… ?
Les homélies de Léon XIV sont parsemées de ces images tirées de la vie paysanne :
« Le Bon Pasteur nous guide » ; « le berger guide ses brebis » ; « Elle féconde tout ce qui se laisse toucher, transformer par elle pour produire son fruit » ; « le jardin est le lieu de la beauté. De l’eau s’y trouve, les graines s’ouvrent, les pousses apparaissent et les fleurs s’épanouissent »… Enfin le Pape a rappelé l’importance de l’apport qu’a eu, et qu’à toujours, Saint Benoît et ses moines sur la civilisation européenne. Dans cet apport, il y a la culture de la terre.
Cultiver la terre comme un mandat reçu de Dieu : « emplissez la terre et soumettez-là » Gn 1,28
Puissions-nous aussi avoir l’initiative de refaire sonner l’Angelus dans nos villages où les cloches se sont tues pour rappeler au monde que notre Dieu a décidé de faire sa demeure parmi les hommes.
Cette parole du pape adressée aux familles dans son homélie à la Concorde est pour vous : « Je pense à vous, chères familles, qui, malgré les multiples difficultés que vous affrontez au quotidien, persévérez courageusement dans votre mission. »
Que notre Dame du Rosaire donne à chacun de vous, paysans de France, cette persévérance dans votre vocation de faire porter du fruit à notre terre, et l’Espérance de « marcher avec confiance vers l’avenir ».
