Billet spirituel - septembre 2026

Jeudi 17 septembre 2026

Pour que le monde ait la vie… Jésus crucifié se laisse transpercer le cœur !

« Pour que le monde ait la vie » (cf. Jn 10, 10) : ces mots de l’Évangile servent de thème à la visite du Saint-Père Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre 2026. Ces paroles nous touchent, car, selon le dicton populaire, « l’eau, c’est la vie ». Dans nos régions tempérées, la Providence divine la fournit d’ordinaire en abondance. Or, en cet été de canicule, la sécheresse se fait rudement sentir. De la Loire au Danube, des fleuves sont presque « à sec ». Au milieu de prairies jaunies, des bestiaux en souffrance consomment déjà les fourrages de l’hiver. Certaines récoltes sont nettement déficitaires. La moindre qualité des semences fait craindre pour l’année à venir. Le monde paysan souffre. Si la situation se prolonge, l’approvisionnement des cités pourrait s’avérer difficile. Le bon sens commande d’éviter le gaspillage et l’esprit de solidarité de partager équitablement les ressources. Mais est-ce le dernier mot des chrétiens que nous voulons être ? Et si, par ces événements dont il est le Maître, le Seigneur nous lançait un appel ?

D’abord à reconnaître notre dépendance envers Lui. La foi en Dieu Créateur est le premier article du Credo. Certes, Dieu a fait l’homme « maître et possesseur de la nature » (Descartes), mais à titre d’intendant, de gérant et non de propriétaire absolu. Lui seul possède la parfaite seigneurie sur sa création. Sa toute-puissante tient toutes choses entre ses mains. Qu’Il nous accorde une plus grande foi et nous rende prompts à Le louer comme saint François : « Loué sois-tu Seigneur pour notre sœur eau, qui est très utile et très humble, précieuse et chaste. » Soyons plus constants à rendre grâce de tous les bienfaits déposés par le Créateur dans ses œuvres pour suppléer à notre indigence native.

L’épreuve présente nous invite aussi à expier nos fautes et nos injustices. Elles blessent le prochain et nous-mêmes. Surtout, elles offensent Dieu. La souffrance et la mort, telles que nous les connaissons, sont la conséquence du péché d’origine et de nos péchés personnels. Mais parce que le Christ a racheté le monde par sa Passion et sa Croix, désormais, la souffrance humaine — le labeur du paysan — si elle est unie à la sienne, devient féconde. Elle contribue à notre rédemption et à celle de nos frères parce que Jésus l’a pénétrée de son Amour Sauveur. Soyons pour nos frères comme Simon de Cyrène « revenant des champs », réquisitionné pour porter la croix de Jésus. Notre consentement aimant et résolu servira à notre salut et celui de nos frères.

Le Bon Dieu nous invite enfin à affermir notre espérance. Notre Créateur est aussi notre Père. Sa Providence tout aimante veille en permanence sur ses enfants. Simplement, il attend la coopération de notre prière. Il aime à se faire prier, car il ne veut pas imposer ses dons. Prier, c’est demander à Dieu ce que, par nous-mêmes, nous ne pouvons pas nous procurer. Le climat échappe pour une grande part à notre contrôle. Et c’est heureux compte tenu de la méchanceté et des rivalités humaines. La Mère Église donne à ses enfants des modèles de prière, les psaumes, les textes de la messe des rogations, les litanies des Saints, les oraisons pour demander la pluie, dont voici la collecte : « Ô Dieu en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être, accordez-nous la pluie dont nous avons besoin, afin que jouissant dans la mesure convenable des secours pour la vie présente, nous recherchions avec plus de confiance ceux de la vie éternelle. »

Rechercher avec plus de confiance l’eau de la vie éternelle ! Voilà la grande leçon pour le temps que nous vivons. Le Seigneur a préparé pour nous une eau supérieure, mystérieuse : l’eau vive de la grâce qui a lavé notre âme au jour de notre baptême, en même temps que l’eau naturelle coulait sur notre front. Jésus en parle à la samaritaine (Jn 4). Il annonce même que ceux qui croiront en Lui deviendront en Lui de petites sources d’eau vive reliées à la Source de son Sacré-Cœur (Jn 7). Voilà l’eau par excellence dont a besoin le cœur humain pour vaincre en lui l’orgueil et l’égoïsme. Cette eau vive qui irrigue la vie intérieure du croyant. Qui suscite sans cesse prière et charité. J’ai noté ces jours-ci la bonne nouvelle du lancement d’un groupe de prière des Journées paysannes en Anjou.

La vie divine de la grâce est comme une source qui murmure en nous, comme dans l’âme de saint Ignace sur le chemin du martyre : « Viens vers le Père ». Si magnifique soit cette terre, où coexistent tant de misères, elle n’est pas notre patrie définitive. Le Seigneur nous prépare un ciel nouveau et une terre nouvelle tout baignés de Sa Lumière de gloire. Pour avoir la vie en abondance, devenons de vraies brebis du Christ, tournons-nous vers le Sacré-Cœur de Jésus, consacrons-nous à Lui. De Son Cœur transpercé par la lance du soldat — par le glaive de nos péchés — il en sort pour l’éternité du sang et de l’eau. L’Eau vive du salut, le Sang précieux du Fils de Dieu, versé pour la rémission de nos péchés et donné en boisson à ses fidèles dans la Sainte Eucharistie.

Père Amiot

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