C’est un bel et lourd épi de blé que le Seigneur est venu moissonner dans le champ des Journées paysannes. Mais ne croyons pas qu’il l’a engrangé pour rien, car Il nous a prévenus qu’il fallait que le grain tombe et meure pour produire du fruit. Le Seigneur Lui-même s’est fait grain à moudre pour opérer sa mystérieuse présence nourrissante, et tous ceux qui lui appartiennent reçoivent aussi de Lui rassasiement pour eux-mêmes et fécondité pour autrui. Alors, vivons de cette joyeuse espérance, et, en cette saison de moisson, remercions le Seigneur pour le don de la terre fructifiante et celui de la vie éternelle déjà commencée.
Voyez comment vivaient les premières communautés chrétiennes, comme le rapporte l’Écriture sainte (Ac 3). Après avoir subi des outrages de la part du Sanhédrin, est-ce que Pierre et Jean s’en plaignent auprès de leurs frères ? Pas du tout : ils louent au contraire le Seigneur et lui demandent de leur permettre d’annoncer « ta parole en toute assurance ». Nous aussi, nous portons de lourdes meurtrissures familiales : la déchirure de la Tunique sans coutures du Christ par le sacre d’évêques sans mandat apostolique, la loi mortifère de l’euthanasie…
Alors, la prière de l’Église se fait plus unanime et le Saint-Esprit fait irruption pour marquer qu’elle accomplit bien sa mission : « oui vous faites bien de prier ainsi tous ensemble Dieu Créateur de cet univers qui est votre jardin et qui vous est confié et Jésus, votre frère et Sauveur. Et pour vous encourager, je fais trembler votre maison de prière et je vous fortifie dans votre annonce de la parole de Dieu ».
Remercions le Seigneur pour tout et si nous ne pouvons pas le louer constamment avec notre voix, louons-le dans nos œuvres, comme le demande saint Augustin à ses fidèles : « non seulement que ta voix fasse retentir les louanges de Dieu, mais que tes œuvres soient d’accord avec ta voix. Si tu ne chantes que de la voix, il y aura des silences, mais que ta vie soit une mélodie sans silences ».
