Billet spirituel -Décembre 2019

Lundi 23 décembre 2019
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« La grâce du Seigneur s’est manifestée » (Tite 2, 11)

La pauvreté de la crèche de Bethléem et la sobriété de son évocation par l’apôtre Paul pourraient nous égarer et nous entraîner à ne plus percevoir l’événement central de l’histoire de toute l’humanité et qui en modifie fondamentalement son passé, son présent et son avenir. Le monde paysan est appelé d’une manière particulière et prophétique à nous rappeler cette manifestation de l’Amour de Dieu et sa présence « toujours et partout ».

Le contact avec la terre, nous en fait prendre conscience tous les jours. On ne peut pas tricher avec le réel, et le pape Benoît XVI écrivait «  il n’y a rien de plus réel que Dieu » et la nature en est une expression incontournable. Il y a un ordre dans la création auquel, hommes de la terre, vous êtes confrontés au quotidien. Nous pouvons y participer mais nous pouvons être tenté de vouloir en « fabriquer » un autre. Mais nous ne sommes bien sûr pas les créateurs, ni même les propriétaires, mais seulement les gestionnaires de cet univers que Dieu a remis entre nos mains.

L’homme d’aujourd’hui, comme celui d’hier, incline souvent à vouloir prendre la place du Créateur en s’emparant du « fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal » (Gen 2, 9). Le monde agricole, avec le développement de la science et de la technique, peut y être tenté. Au lieu de « servir la création » il risque de « s’en servir » sans en respecter son ordre et sa structure. « Le réchauffement de la planète vient du refroidissement des cœurs », disait un membre des journées paysannes à son évêque.

Les Journées Paysannes sont là pour nous faire retrouver l’âme de l’agriculture. L’agriculture est l’âme d’un pays. Et si la tâche peut nous paraître démesurée avec les moyens dont nous disposons c’est bon signe car, comme l’écrivait Saint Paul aux corinthiens : «  la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse » (1 Co 12, 9). Il nous revient de déposer nos cinq pains et nos deux poissons dans les mains du Seigneur. Il suffit d’un phare à Calais pour diriger le trafic naval (le plus dense de la terre) sur la manche. «  Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5) mais « ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu ». Remettons cette exaltante mission dans les mains de Dieu.

Que la naissance du Sauveur, dans la crèche de l’étable de Bethléem : «  la grâce du Seigneur qui s’est manifestée », le contact quotidien avec la création : « et Dieu vit tout ce qu’il avait fait. Cela était très bon  » (Gen 1, 31) nous amènent comme les mages à l’émerveillement et à l’adoration car « en choisissant Dieu, on ne perd rien et on gagne tout » (Benoît XVI)

Père Xavier Roquette

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