Que sont les Journées Paysannes ?

Vendredi 24 janvier 2020

En bref

Ces cinquante dernières années, le milieu agricole a été fortement ébranlé.

En réaction à un isolement toujours plus grand, des agriculteurs, mais aussi des religieux, se sont rassemblés dès la fin des années 80 et ont fondé ensemble l’association Les Journées paysannes.

Leur objectif, aider les paysans à rester dans la joie et l’espérance de leur métier, qui fait d’eux les premiers collaborateurs de la Création. Ce soutien passe par l’amitié, le soutien fraternel, les échanges, la formation, la réflexion et la prière.

Pour en savoir plus

Les Journées Paysannes sont une association ayant pour vocation de montrer que l’identité profonde de la vie paysanne au service de la société correspond à un besoin de notre temps.

Sensible aux problématiques du monde agricole à l’aube du XXIe siècle, les Journées Paysannes s’efforcent :

  • de soutenir les paysans dans leurs démarches aussi bien agronomiques et techniques, que socio-économiques et spirituelles ;
  • de favoriser des réseaux d’amitié.

Une association pour le Lien à la Terre…

Les Journées Paysannes ont pour mission d’être des temps et des lieux de ressourcement pour tous ceux qui considèrent le lien de l’homme à la terre comme vital… et donc d’abord pour le paysan qui, aujourd’hui, s’interroge sur son identité.

En effet, on était paysan pour pouvoir manger et donc vivre avec sa famille. Aujourd’hui, on est agriculteur pour produire et pour vendre.

Mais le paysan de toujours est celui des travaux, des saisons et des jours, enraciné dans une terre et dans un paysage, pour nourrir les hommes et rendre la terre habitable.

Qui est concerné ?

Bien sûr les agriculteurs, mais aussi toutes les personnes, ruraux et citadins, qui reconnaissent que la Terre est la source de la nourriture et la matrice de la vie.

C’est donc Vous…

  • producteurs, commerçants et consommateurs
  • qui vous intéressez à l’habitat et au paysage
  • qui croyez que la Terre contribue à éduquer l’homme et à le faire grandir.

… Ayant pour but de nourrir l’Espérance des paysans.

Les cinquante dernières années ont atteint la vie paysanne dans sa substance.

  • Dans les pays riches elle a quasiment disparu. La culture de la terre était le fait d’un genre de vie de tout un peuple paysan ; elle est devenue le fait de quelques entrepreneurs extrayant la matière première pour fournir la nourriture à une société urbanisée.
  • Dans les pays pauvres, les paysans sont entraînés dans un exode vers la misère des bidonvilles ou condamnés à avoir faim dans leurs villages.

Ces mots schématisent les extrêmes, mais traduisent un sens que l’on continue à qualifier d’inéluctable. Dans ce contexte, les Journées Paysannes essaient d’être des lieux de ressourcement pour nourrir l’Espérance paysanne.

Partant de l’observation de la Création, spécialement de la terre, des plantes, des animaux et du climat, les Journées Paysannes veulent s’efforcer d’aider leurs membres à découvrir le Créateur. C’est une forme de spiritualité dont la force et la douceur peuvent s’étendre à toute la société.

« Bienheureux les doux parce qu’ils possèderont la terre. » (Matt 5, 4).

Être paysan va bien au-delà du métier d’agriculteur.

Le paysan vit une forme d’alliance

  • avec la terre,
  • avec les hommes qu’il nourrit,
  • et ultimement avec le Créateur.

En effet, « Yahvé Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder » (Gen.2, 15).

Ce passage de la Genèse constitue la source de notre Espérance.

C’est en cultivant la terre, en la gardant (Gen 2, 15), que l’homme obéissant aux desseins du Créateur, est associé à l’œuvre de Dieu. Il devient l’intendant des dons de Dieu pour tous les hommes.

Pour en savoir plus sur la vocation du paysan chrétien.

Les 3 alliances des Journées Paysannes

Dès les deux premiers chapitres de la Genèse, Dieu établit trois alliances :

  • l’alliance de Dieu avec l’homme en vue de la recherche de de la vérité et de la sagesse ;
  • l’alliance de l’homme avec la femme en vue de la famille ;
  • l’alliance de l’homme avec la terre pour la gloire de Dieu et en vue du bien de nos frères. La contemplation de ces trois alliances est l’élément fondateur des Journées Paysannes.

À ces alliances correspondent trois bénédictions :

  • celle de l’homme corps et esprit, adorant, priant, cherchant Dieu, Créateur et sauveur, comme source de Vie et de bonheur
  • celle de la famille, fondement de la culture de la Vie et de l’amitié entre les hommes.
  • celle de la terre, créée par Dieu, donnée aux hommes, matrice de la Vie.

Concrètement…

Au fond, être paysan, c’est un peu une forme de spiritualité. Mais il est bien difficile de vivre cette spiritualité lorsqu’on est surchargé de travail, plongé dans des situations difficiles, soumis à des rythmes qui ne tolèrent pas de délais.

Profondément inspirées par l’anthropologie chrétienne, la Bible et la Doctrine Sociale de l’Eglise, les Journées Paysannes proposent un retour aux sources pour éclairer la vie quotidienne et la rendre féconde :

  • réserver du temps à la prière personnelle, familiale, communautaire (prière du lundi)
  • se retrouver pour ne plus se sentir seul (Journées nationales et régionales),
  • s’informer sur tout ce qui peut susciter l’Espérance,
  • se nourrir d’enseignements scientifiques, philosophiques, théologiques,
  • participer ou susciter des initiatives professionnelles, culturelles, paroissiales,
  • chercher à faire naître dans les campagnes des centres de vie, de lumière, de charité.

Les grands chantiers auxquels les Journées Paysannes veulent apporter leur pierre…

L’agriculture en France

  • Illustrer par notre vie quotidienne la noblesse de la condition paysanne ;
  • Préparer la relève :
    par la formation et l’installation de jeunes agriculteurs,
    par l’étude et la diffusion de nouveaux moyens d’accès à la terre ;
  • Favoriser la diversité des formes de l’agriculture
    selon les terres, le climat, l’environnement,
    et surtout selon les talents de chaque agriculteur,

… Afin de montrer et de partager à toute la société l’universalité du bienfait du lien de l’homme à la terre.

L’agriculture dans le monde

  • Problèmes liés aux techniques, à l’économie et à la politique agricole mondiale
  • Autosuffisance alimentaire et faim dans le monde ;
  • Agriculture vivrière et marché : défense de l’agriculture familiale et paysanne ;
  • Moyens techniques adaptés.

La beauté de la Création

  • Réconcilier agronomie et écologie, agriculture et paysage
  • Mettre à disposition et utiliser le patrimoine paysan

Constitution de groupes d’études de la Doctrine Sociale de l’Eglise, en vue de son application aux problèmes agricoles et à la vie paysanne.

Aimer l’Eglise, par la proclamation de l’Évangile et la participation à la vie des paroisses rurales :

  • Messes dominicales
  • Liturgie des heures
  • Rogations
  • Prière du lundi
  • Soutien des vocations
  • Souci des isolés des campagnes

Chercher des points de repère à proposer pouvant aller jusqu’à la fondation de centres de lumière et de charité, au service de l’agriculture paysanne du XXIe siècle.

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  • Projet du centre spirituel de St Georges 11 janvier 2021 10:09, par Père Charles Lenoir

    En lisant pour la première fois la revue Le Lien et en particulier l’éditorial du n° de Noël , j’ai été frappé par la la convergence des idées développées dans l’édito avec notre propre projet. Projet bien modeste, nous ne sommes encore que deux : un laïc et un prêtre, mais nous avons le soutien de notre évêque. Voici une présentation de ce projet qui, je l’espère, intéressera vos lecteurs. L’ABBAYE SAINT GEORGES

    Un nouveau départ Après le départ des moines, un nouveau projet voit le jour. Inspiré par la vision des pôles d’Alliance. "L’objectifs des pôles d’Alliance est de rendre visible l’alliance de Dieu avec les hommes à travers des personnes qui vivent l’alliance dans leur états de vie et qui entrent en alliance les unes avec les autres pour la vivre ensemble et pour donner envie à d’autres de la vivre.( Mgr Batut,évêque de Blois Lettre pastorale 2017)" Un autre évêque disait à ses prêtres : « Vous me dites tous qu’on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif ». Il exprimait ainsi la pensée de ses prêtres qui avaient le sentiment – très déprimant - de prêcher dans le vide. Eh bien, continuait-il, « je vais vous dire comment il faut faire pour faire boire un âne qui n’a pas soif. Il faut mettre à côté de lui un âne qui a soif, puis un deuxième âne qui à soif, puis un troisième âne qui a soif. Et alors, l’âne qui n’a pas soif finira par se dire : Les copains ont l’air d’avoir trouvé quelque chose de bon, je devrai essayer » Et de conclure : « ce que je veux dire par là, c’est que seul les communautés évangélisent » On pourrait aussi dire qu’une communauté, un pôle d’Alliance, c’est un lieu où des personnes sont réunies par le Christ comme les morceaux de bois d’un feu sont réunis par la flamme. Et cette flamme elle réchauffe et elle éclaire. L’évangélisation, ou la nouvelle évangélisation du monde rural est un vrai problème aujourd’hui. Le catholicisme en France est devenu un phénomène urbain et les campagnes sont profondément déchristianisées. Elles deviennent des déserts spirituels, mais pas seulement (les commerces et les services ferment, on ne trouve plus de médecins…) Alors, pourquoi ne pas concevoir des petites communautés, des « pôles », vivant dans les déserts ruraux pour y rayonner la vérité et la charité. Les membres laïcs exerçant un métier à mi-temps dans les environs et de préférence un métier au service de la société rurale en souffrance (professions de santé entre autre, mais pas seulement : il manque actuellement 20000 chauffeurs de car scolaires en France…) le prêtre lui, pourrait assurer une présence sacerdotale en lien avec une paroisse. Et le pôle organiserait sur place des activités d’évangélisation : retraite, session, etc… Dans le contexte d’ignorance massive des vérités de la foi qui est celui du monde rural d’aujourd’hui ce serait des lieux ou l’on viendrait écouter la parole de Dieu et faire l’expérience d’une vie de prières et de joie fraternelle. Ce serait aussi des lieux d’écoute pour tous les « cabossés » de la vie.

    voici mes coordonnées :

    Père Charles Lenoir Mail : perecharleslenoir chez orange.fr Abbaye St Georges 63 rue St Georges 41800 St Martin des Bois