Lundi 2 mai 2011

Récits et leçons du XXe anniversaire

Edito du Lien n°63

Quelques aspects de la naissance et de la croissance des J.P.

Quand on célèbre un anniversaire, on aime retracer les débuts, les étapes. Est-ce convenable, est-ce à propos de comparer les 20 ans d’une association au XXe anniversaire d’un jeune homme ou d’une jeune fille ? Non sans doute, parce que la personne humaine est le chef d’œuvre de la Création et que l’association n’est que combinaison de projets humains. Cependant il ne me parait pas faux de parler de conception des Journées Paysannes et de quelques étapes de leur croissance.

Avec le recul de 20 ans, ce qui me frappe dans la naissance des Journées Paysannes, c’est la rencontre de deux éléments essentiels de l’intelligence humaine : le travail de la main et la contemplation.
Pour nous agriculteurs, c’est la connaissance de la terre que l’on cherche à comprendre, à découvrir comme matrice de la vie, pour la cultiver, pour en tirer des fruits abondants et savoureux et aussi pour la rendre de plus en plus fertile.
Et c’est en même temps le constat que le travail de la terre n’est que préparation, semailles, accompagnement : la contemplation du mystère de la vie, de la graine qui lève, de la plante qui pousse, de la moisson qui se prépare, des agneaux qui naissent et qui croissent.

C’est ainsi que les textes fondateurs des Journées Paysannes ont été puisés dans la Parole de Dieu et dans le magistère de l’Église.

  • Ce sont d’abord les deux premiers chapitres de la Genèse, le récit de la Création, où après avoir créé l’univers, l’herbe et toutes les plantes, les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, toutes les bêtes et bestioles qui sont sur la terre, et finalement l’homme qu’il fit à son image et ressemblance, il le fit homme et femme.
    Dieu place sa créature préférée dans le Jardin pour qu’elle « le cultive et qu’elle le garde » (Gn 2, 15).
    Le départ des Journées Paysannes est là.
    Dans ces chapitres de la Genèse, le Père Henri, tout jeune prêtre, curé d’une petite paroisse paysanne du Cantal, nous livre les trois alliances :
      • Alliance de Dieu avec l’homme
      • Alliance de l’homme avec la femme
      • Alliance de l’homme avec la terre.

Ce fut le départ de l’espérance. Dieu donne la terre à l’homme pour la cultiver et la garder. C’est la Parole de Dieu qui vaut pour tous les temps et tous les lieux, pour nous ici en ce début de XXIe siècle.

  • Le second texte fondateur, c’est St Marc qui nous le donne (Mc 4, 26-29) :
    « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette le grain dans son champ : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le grain le permet, on y met la faucille, car c’est le temps de la moisson. »
    C’est l’un de ces nombreux passages de l’Évangile qui fait dire à un vicaire au cours d’une veillée d’hiver d’Auvergne, rassemblant des jeunes paysans pendant la guerre que l’Évangile est paysan. De là sont sorties les fondations :
      • le lien entre la vie monastique et la vie paysanne
      • la prière du lundi.

J’allais dire en parlant familièrement : la boucle est bouclée sur la conception, la naissance et les premiers pas des Journées Paysannes. Je disais en commençant la naissance des Journées Paysannes, c’est la rencontre du travail de la main – le travail de la terre – et la contemplation. « Ora et labora », Prie et travaille. Peut-il y avoir un moine, selon St Benoît, qui prie sans travailler ? Peut-il y avoir un paysan qui travaille sans prier ? C’est tout le secret qui nous a été donné avec la prière du lundi qui est la pierre d’angle, le temps de l’adoration, le temps de l’intimité avec Jésus et la Ste Famille. Les Journées Paysannes n’auraient été qu’un léger feu de paille, si l’Esprit Saint n’avait sans cesse réuni depuis 20 ans, dans la prière du lundi, moines, moniales et paysans.

C’est aussi le moment de rappeler le moment solennel de la confirmation de la prière du lundi, comme une sorte de mission confiée par l’Église, par la bouche de l’un se ses évêques. C’était à Rome, le lundi 13 Novembre de l’an 2000, à la fin du Jubilé des agriculteurs du monde entier. Avant de quitter la ville éternelle, les paysans français étaient réunis à St Paul hors-les-murs. Et dans un long enseignement dont j’extrais quelques lignes, voici ce que Mgr Barbarin, alors évêque de Moulins, nous disait :
« Je suis heureux de vous parler en ce lundi où se termine notre pèlerinage, parce que depuis que je connais les Journées Paysannes, mes lundis ont changé.
Comme prêtre, je suis bien sûr attentif au jeudi, à cause du jeudi saint, au vendredi parce que le salut du monde vient de la mort de Jésus sur la Croix ; avec toute l’Église, je suis uni à la Vierge Marie, silencieuse et douloureuse, le samedi ; et le dimanche, je me réjouis de célébrer la Résurrection du Seigneur. Mais je n’avais jamais tellement prêté attention au lundi, jour où l’on se remet au travail, où l’on « recommence » à accomplir les commandements de Dieu après le repos dominical.
Et le premier commandement que l’on rencontre dans la Genèse, c’est le vôtre : garder la terre, lui faire donner son fruit, en prendre soin et nourrir l’humanité toute entière. Je suis heureux de savoir que beaucoup d’entre vous se réunissent justement le lundi, pour prier. Et depuis que je suis devenu évêque d’un diocèse rural, le lundi a changé de coloration spirituelle pour moi. »
(Recueil des enseignements reçus au cours du Jubilé agricole p. 22*)

La physionomie des Journées Paysannes à leur XXe anniversaire "Garder la terre, lui faire donner son fruit, en prendre soin et nourrir l’humanité toute entière, voilà la mission que nous rappelait Mgr Barbarin. _ _ Qu’avons-nous fait ?
Nous ne pouvons pas ici raconter la vie des Journées Paysannes depuis vingt ans, ni même présenter son visage ; nous avons essayé de le faire en traçant quelques aspects importants dans les quatre numéros du Lien de 2010. Mais ici, ce matin, nous voulons récapituler les évènements qui ont marqué notre XXe anniversaire et en voir la signification.

  • Il y a un an, le samedi 20 Février 2010, nous avons commencé la célébration de notre XXe anniversaire en choisissant le Saint Curé d’Ars, comme patron des Journées Paysannes.
    Mr l’Abbé Roquette a lu le message de Mgr Bagnard, évêque de Belley-Ars, et nous a livré une méditation sur le choix que nous faisions. Apparemment paradoxal ; un groupe essentiellement composé de familles choisit un Prêtre comme patron, comme saint protecteur. Pourquoi ?
    Il y a d’abord cette reconnaissance de la collaboration intime, dans l’Église, des clercs et des laïcs. Le prêtre donne sa vie à Dieu et aux fidèles. Les familles ne peuvent se passer du prêtre.
    Ceci a été proclamé dès le début des Journées Paysannes où on a vu un lien étroit entre la crise paysanne et la crise des vocations sacerdotales. Le nombre des familles paysannes diminuait d’une manière drastique, pendant que les paroisses rurales perdaient petit à petit leurs prêtres. Les vocations sacerdotales devenaient de plus en plus rares dans les familles paysannes ; les curés n’étaient plus remplacés, les églises se fermaient, la Messe n’était plus célébrée le dimanche et le tabernacle était vide.
    Les campagnes françaises devenaient petit à petit un désert humain et spirituel. "Laissez une paroisse sans prêtre, disait déjà le Curé d’Ars au XIXe siècle, et on y adorera des bêtes."
    Alors… ! L’ultime espérance est de retrouver ce lien entre la famille et le Sacerdoce. Nos campagnes ont besoin de Dieu, et Dieu est présent dans l’Eucharistie de nos églises par la présence du prêtre. Voilà notre choix. C’est le plus réaliste. Saint Jean-Marie Vianney faîtes naître dans nos familles paysannes des vocations sacerdotales pour nous réapprendre à rendre grâce pour le don de la terre, pour les dons de la Création, pour adorer et pour présenter toutes nos demandes de conversion et de bénédiction.

Rappelez-vous : il y avait dans la salle où nous sommes, une grande image du Curé d’Ars près de la statue de la Vierge Marie. Après l’enseignement du prêtre sur notre choix, des représentants de chaque région sont venus en procession déposer un cierge allumé. « Vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la terre… » C’est notre vocation dans nos campagnes, là où nous sommes. Toute la France paysanne venait demander au Curé d’Ars de nous donner les grâces nécessaires pour accomplir notre mission de cultiver nos cœurs comme nous cultivons la terre, de porter le Christ, Lumière du monde, à nos frères, comme nous nourrissons leur corps.

Troisième geste, nous avons écrit nos noms, ceux des membres de nos familles, de nos voisins, de nos amis, et nous sommes tous venus porter ces noms vers le Curé d’Ars. Nous les avons déposés dans un sac brodé d’un cœur et enfin, le prêtre a accroché ce sac au cou de la Vierge Marie. Nous savons à travers toute l’Écriture sainte combien le nom a d’importance. Au récit de l’Annonciation, l’Évangile nous dit : « Et le nom de la Vierge était Marie ». L’Ange dit à Marie : Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils, tu lui donnera le nom de Jésus." (Lc 1, 31). Et à la naissance de Jean-Baptiste, après la contestation de l’entourage, Zacharie son père, encore muet, demande une tablette sur laquelle il écrivit : « son nom est Jean » (Lc 1, 63). Plus loin dans l’Évangile, Jésus choisit ses apôtres, en les désignant par leur nom. A Simon Il dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ». Dieu nous connait, chacun par notre nom et Il nous appelle à sa Miséricorde, à son Salut.
Et cela nous conduit à la deuxième étape de notre anniversaire. Le sac brodé d’un cœur et rempli des noms des familles paysannes a été soigneusement gardé au soir de Souvigny et le jeudi 19 août, il a été porté jusqu’à Ars. Nous nous sommes retrouvés quelques dizaines de membres des Journées Paysannes dans l’Église du Saint Curé, autour de Mgr Bagnard venu à Ars pour nous.
Au pied de la châsse contenant le corps du Saint Curé, il a célébré la Messe à nos intentions, avec le calice dont se servait Saint Jean Marie Vianney. Ce calice revenait de Rome où Benoît XVI l’avait utilisé lors de l’année sacerdotale qui venait de se clôturer. Le sac brodé d’un cœur et rempli des noms était déposé sur l’autel. A la fin de la Messe, l’évêque entouré de Mr l’Abbé Roquette et du Père Emmanuel et suivi par les membres des Journées Paysannes, a porté le sac en procession jusqu’à l’autel de la Ste Vierge qui se trouve dans la partie de l’église où officiait le Saint Curé. Là, l’évêque a ouvert le tabernacle et y a placé le sac rempli de nos noms. Puis, ensemble, nous avons rendu grâces et nous avons récité l’acte de confiance à Notre Dame d’Ars.

  • Et nous arrivons à la troisième et dernière étape de nos vingt ans : le dimanche 14 Novembre c’était le pèlerinage national du monde paysan à Ste Anne d’Auray, organisé par les Journées Paysannes.
    C’était aussi le Xe anniversaire de notre pèlerinage à Rome où nous avions répondu à l’invitation du Pape Jean-Paul II. Entre temps les Journées Paysannes avaient pèleriné à Ars en 2002, au Puy en 2005, à Pontmain, Paray-le-Monial et Lourdes en 2007.
    Pourquoi avons-nous choisi Ste Anne d’Auray en Bretagne pour ce XXe anniversaire ?
    • Parce que notre groupe régional de Bretagne est exemplaire. Il a réalisé des Journées régionales dans plusieurs abbayes et paroisses ; il a réuni des groupes de prière alliant réflexion et information pour faire place aux difficultés, combats et détresses des agriculteurs, avec la prière et l’adoration. Parce que les agriculteurs bretons sont particulièrement touchés par la crise laitière et de tout l’élevage (porcs et volailles).
    • Parce que l’évêque de Vannes, Mgr R. Centène, est le premier évêque de France a avoir reconnu les Journées Paysannes comme Association privée de fidèles laïcs pour son diocèse.
    • Parce que enfin, Jean-Paul II avait tenu à rassembler les familles françaises à Ste Anne d’Auray lors de son voyage en France en 1996.

Nous nous sommes retrouvés environ 400 venus de Bretagne et de tous les groupes régionnaux de Provence à l’Aquitaine, de la Vallée du Rhône à la Picardie. Après la pluie et la tempête des jours précédents, nous nous sommes retrouvés sur le parvis du Sanctuaire avec des nuages et une pluie intermittente. A 11h la basilique était pleine avec les pèlerins et les participants habituels. La procession des prêtres fit son entrée dans le chœur, terminée par Mgr Madec, évêque émerite de Fréjus-Toulon, Mgr Aillet, évêque de Bayonne Lescar et Oloron et Mgr Centène, évêque de Vannes.
Chaque participant avait reçu un livret avec le programme de la journée et les chants de la Messe. La liturgie était celle du 33e dimanche du temps ordinaire. Les chants étaient dirigés par le chef de chœur du sanctuaire de Ste Anne d’Auray qui a su associer les pèlerins avec talent et foi. L’homélie fut donnée par Mgr Centène. Partant de l’évangile du jour, qui annonce la persécution au nom de Jésus, il affirme que ce même Jésus avec le Père et le St Esprit est l’unique Créateur et Sauveur des hommes. Le Créateur a confié la terre à l’homme, et l’évêque de nous interpeller en frappant le sol avec sa crosse :
« Soyez bien conscients, frères et sœurs, que vous êtes aujourd’hui une partie de l’âme de l’humanité et que c’est précisément pour cette raison que l’on veut la mort non pas de l’agriculture – il faut bien se nourrir – mais de la paysannerie qui, vivant quotidiennement au rythme de la création, y voit l’œuvre du Créateur. »
Mais il faut lire et relire l’homélie toute entière, elle est dans le Lien de Noël n°62 p. 20 à 25.
En sortant de la Messe, le soleil commençait à apparaître. Faut-il parler du déjeuner dans la salle Jean-Paul II, de l’histoire des apparitions de Ste Anne à Yvon Nicolazic par le Père Guillevic, recteur du sanctuaire, de la procession conduite par nos évêques avec 18 bannières, pendant laquelle le soleil brillait dans un ciel étonnament bleu ? Faut-il encore parler du long enseignement de Marc Parcé qui plaide pour une rémunération équitable et pour une agriculture qui soit une promesse de vie et de dignité pour tous ? (On trouve aussi l’intégralité de sa conférence dans le Lien de Noël p. 26 à 51).
Faut-il envisager une chronique détaillée de ce pèlerinage de notre XXe anniversaire ? Mais dès maintenant il convient de rappeler la surprise de découvrir aussitôt après le pèlerinage le discours de Benoît XVI aux « Coldiretti », ces cultivateurs directs italiens que nous avions rencontrés à Rome, dix ans plus tôt, avec Jean-Paul II.
Là, le 14 Novembre de cette année, à la même heure où Mgr Centène parlait aux agriculteurs français, Benoît XVI avant l’Angélus sur la place St Pierre, montrait l’impact fondamental du travail agricole dans le contexte présent de la crise économique et financière, morale et spirituelle que traverse le monde aujourd’hui. Cette crise a-t-il dit « adresse un appel très fort à une révision profonde du modèle de développement économique global […] Ce me semble être le moment, poursuit le Pape, d’un appel à ré-évaluer l’agriculture non dans un sens nostalgique, mais comme une ressource indispensable pour l’avenir. » Cette rencontre entre les paysans de France et la pensée de l’Église est l’une des grandes grâces de notre pèlerinage et de notre XXe anniversaire. Qui aurait pu penser à ce signe que nous donne la Providence ? Notre association est petite, peu connue, mais s’efforce d’être fidèle à l’Église, d’annoncer l’Évangile et la Doctrine Sociale de l’Église. Et voilà qu’à Ste Anne d’Auray, en même temps qu’à Rome, l’Église proclame qu’elle aime les paysans et que le travail agricole est « une ressource indispensable pour l’avenir ».

Alors que le scandale de la faim dans le monde ne se résoud pas, que le phénomène de la mondialisation a tendance à précipiter les populations paysannes vers les banlieues et les bidonvilles, l’Église nous invite à proclamer que le lien de l’homme à la terre est une alliance voulue par Dieu. Voilà sans doute la première leçon de notre XXe anniversaire : aimer l’Église, se passionner pour l’Évangile et la Doctrine Sociale et mettre en œuvre une charité imaginative pour trouver dans notre vie quotidienne paysanne, famillale, sociale, paroissiale, politique, des points réalistes d’application.
Oui cela nous paraît trop grand, disproportionné par rapport à notre faiblesse. C’est alors que nous revenons à des constats si simples : bien faire notre travail, si humble soit-il. Cet anniversaire, ce pèlerinage, nous enseignent que tels que nous sommes, nous pouvons participer à ce grand dessein.
Je n’ai pas cessé au cours de la journée du 14 Novembre à Ste Anne d’admirer l’ordre et l’harmonie qui ont régné. Chacun était à sa place, chacun accomplissait sa responsabilité : les évêques et les prêtres dans l’exercice sublime de leur fonction sacerdotale, les animateurs de la liturgie dans les lectures et les chants, les porteurs de bannières, chaque membre de l’équipe bretonne qui avait préparé et réparti les responsabilités tout au long de la journée pour que chaque pèlerin se sente accueilli, les liens entre l’équipe bretonne, l’évêque de Vannes, le Père Guillevic et le Sanctuaire, les groupes régionnaux. Nous avons pu contempler comme une sorte de reflet de l’ordre divin voulu par le Créateur.

Mais tout cela n’a été possible que grâce à la durée et à l’humilité. C’est bien un trait de la vie paysanne. Vingt ans ont préparé ce pèlerinage et une multitude de petites ou de grandes offrandes l’ont porté. C’est de là que naît notre espérance. Nous avons pu constater les grâces de notre XXe anniversaire au milieu des épreuves multiples, personnelles, familiales ou sociales qui touchent les uns et les autres et le monde paysan tout entier. Les Journées Paysannes naissent et grandissent pour nourrir l’espérance paysanne. L’espérance, c’est la confiance sans limite en la Providence. Nous avons eu aussi ce signe au cours du pèlerinage, alors que la pluie et la tempête devaient se poursuivre tout le jour, le soleil et le ciel bleu ont brillé sur notre procession.

Alors puissions-nous recueillir toutes les grâces de ce XXe anniversaire, dans la confiance, l’humilité et l’espérance, en poursuivant notre travail, notre prière, notre lutte, en rendant grâce et en chantant avec Marie :

"Mon âme exalte le Seigneur
et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur.
Il s’est penché sur son humble servante,
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles,
Saint est son Nom."