Jeudi 25 août 2011

Quelques chantiers des Journées Paysannes

Edito du Lien n°64

La tâche est rude pour les agriculteurs. Depuis toujours, le paysan est soumis aux aléas climatiques ; mais cela lui donnait le sens de l’observation, le goût de l’effort et le repos de la confiance. Observation de la terre, prévision du temps, regard sur la croissance des plantes, estimation de la surface d’un champ, du rendement d’un blé ou du poids d’un animal.

Goût de l’effort pour accomplir à temps un travail de semailles, de nettoyage, d’irrigation ou de récolte. Repos de la confiance, parce que le paysan sait qu’après un temps, il en vient un autre, qu’après la gelée, la grêle, le vent ou la sécheresse, la vie reprend toujours le dessus.

Tout cela demeure ; mais aujourd’hui, l’agriculteur est plus encore soumis à l’argent qu’au temps. Il a toujours des charges à payer, souvent des dettes à rembourser. Il a aussi des charges nombreuses à assumer : il a parfois l’impression que l’effort et la confiance ne suffisent plus. Et certains sont atteints par l’angoisse et parfois par le désespoir.

Beaucoup ne souhaitent plus que leurs enfants cultivent la terre, reprennent la ferme.

Et cepandant, au profond des cœurs, comme « une brise légère » au milieu des tempêtes, on entend « il faut que terre, il faut que chrétienté continuent ». Dans le dépliant édité il y a un an, les Journées Paysannes nomment quelques chantiers auxquels elles veulent apporter leur pierre. Ce numéro du Lien jette quelques jalons sur des chantiers qui peuvent nourrir l’espérance paysanne :

1. Qu’est-ce que la doctrine sociale de l’Église ? Des repères inspirés de l’Évangile, donnés par l’Église pour travailler au bien commun de la société temporelle, afin d’aider les hommes à préparer à accueillir le salut éternel.

2. La terre. Matthieu Archambeaud nous rappelle quelques bases élémentaires pour sa fertilité.

3. Le Centre des Journées Paysannes, par sa chronique, nous fait partager ses essais et ses espoirs pour relier la terre à la vie quotidienne.

C’est une invitation pour tous les membres des Journées Paysannes :

  • les principes de la doctrine sociale de l’Église ne peuvent prendre corps que si on cherche à les appliquer. Dans les mois et années qui viennent, nous avons à constituer un ou plusieurs groupes d’études pour proposer des applications pratiques de la doctrine sociale de l’Église au monde paysan d’aujourd’hui.

Chacun là où nous sommes, nous pouvons aussi repérer, observer des institutions professionnelles, politiques, associatives voire paroissiales, qui nous semblent correspondre à une vision économique et sociale, conforme à l’Évangile et à la doctrine sociale de l’Église. Alors il peut être bien intéressant d’en informer les lecteurs du Lien. Cela peut être des points de départ.

  • la terre. A ce numéro du Lien est joint un questionnaire sur vos besoins, sur vos désirs, concernant la fertilité de la terre, et sur ce que les Journées Paysannes peuvent faire. Ayez la bonté d’y répondre dans le courant de l’été.
  • le Centre des Journées Paysannes. D’après la chronique de ce numéro et des précédents, que pouvez-vous en dire ? Que pouvez-vous en attendre ?

Parfois au cours des longues soirées d’été, alors que le corps aspire à se reposer, il jaillit des paroles d’espérance.

Griffonez-les d’un mot, avant de vous endormir, surtout si c’est un lundi où nous sommes déjà tous particulièrement unis dans la prière.