Jeudi 3 novembre 2011

Méditation du mois de novembre 2011

par Père Emmanuel

La Toussaint et la commémoration des fidèles défunts

Il y a un écho entre la solennité de la Toussaint et le mystère de l’Eglise glorieuse. C’est le même mystère contemplé de deux points de vue différents :

  • l’attention portée à la multitude de personnes, inconnues de la plupart d’entre nous mais connues de Dieu et ayant trouvé grâce à ses yeux,
  • d’autre part l’unité profonde de cette multitude qui ne fait qu’un dans le Seigneur Jésus qui est leur unique Sauveur, tout en tous, faisant resplendir en chacun l’unique sainteté qui n’appartient en propre qu’à Dieu seul.

C’est le but qui nous est proposé et dont nous avons été rendus capables par le baptême, auquel tous les sacrements sont ordonnés, qui nous est indiqué dans la parole de Dieu et en vue duquel l’Eglise militante a reçu toute autorité (ce que vous délierez sur terre sera délié, dans toutes les nations faites des disciples, qui vous écoute m’écoute etc.).

Pour ceux qui n’ont pas raté ce but, mais qui ne l’ont pas parfaitement atteint, nous prions la miséricorde de divine de les délivrer de cet état très particulier qu’est le purgatoire : les âmes du purgatoire sont sauvées, et de cela nous pouvons nous réjouir. Mais l’amour divin ne les a pas encore complètement saisies. Il reste en elles des zones qui ne sont pas vivifiées par la charité et leur conversion s’achève dans le purgatoire.

Cette doctrine que la Réforme protestante ne partage pas (elle trouve en effet son principal point d’ancrage scripturaire dans le Livre des Macchabées qui a été exclu du canon par Luther, comme les livres de l’Ancien Testament qui ne nous sont parvenus qu’en grec) justifie la prière pour les morts dont la première mention remonte justement à l’offrande faite par Judas Macchabée pour les soldats morts au combat mais qui portaient des amulettes à leur cou.

Les deux fêtes que nous venons de vivre nous rappellent donc à notre vocation profonde :

  • la compagnie éternelle de Dieu, des anges et de ses amis ;
  • l’appui que nous avons auprès de ceux qui sont auprès de lui ou encore au purgatoire et dont la prière et l’action sont un puissant secours en notre faveur ;
  • le devoir de charité que nous avons envers les défunts qui ne peuvent plus prier pour eux : seule la prière des membres de l’Eglise militante peut soulager les âmes du purgatoire et obtenir leur délivrance (c’est la raison pour laquelle on offre des messes pour les défunts) ;
  • le fait que le ciel vers lequel nous tendons est aussi une terre sainte et glorifiée, la terre sur laquelle nous vivons mais qui sera, elle aussi, renouvelée. En usant de la terre pour la charité, nous participons à sa libération de l’esclavage du péché auquel elle a été soumise par notre faute.