Lundi 8 novembre 2010

Méditation du mois de novembre 2010

Tous Saints : le mystère de la récapitulation

La Toussaint

Nous fêtions la Toussaint ce premier lundi du mois. C’est une fête très spéciale qui est au cœur de notre relation à Dieu. Elle pourrait être rapprochée des fêtes de Dédicace qui sont restés très confidentielles dans la piété de l’Eglise. Contrairement à ce qu’on pourrait penser au premier abord, il ne s’agit pas simplement d’une célébration qui “répare” l’oubli du martyrologe. Les saints inscrits au calendrier sont une toute petite fraction du nombre des saints reconnus comme tels par l’Eglise (les saints inscrits au martyrologe) qui sont eux mêmes une infime fraction des saints que Dieu a reconnu comme tels. La Toussaint est effectivement l’occasion d’exprimer notre action de grâce pour l’œuvre de rédemption et de glorification accomplies dans toutes ces personnes dont les noms nous sont inconnus et qui nous sont pourtant proches dans la Communion des Saints.

Le Christ total

Mais la Toussaint évoque beaucoup plus que cela : elle nous renvoie au mystère de la sainteté divine qui, dans le Christ et à travers lui, a d’abord réconcilié puis sanctifié d’abord par la foi, l’espérance et la charité et ensuite par les œuvres ceux qui ont accueilli le Christ. En fait, la Toussaint nous invite à célébrer le mystère de l’Eglise glorieuse (et souffrante, puisque les âmes du purgatoire font indubitablement partie de l’Eglise) dont le Christ est la tête et qui trouve son unité dans l’Esprit Saint. C’est le Christ total, l’œuvre parfaite de Dieu, que l’Eglise nous invite à célébrer en ce jour.

Le chef-d’œuvre divin

Ce que nous célébrons à la Toussaint est comparable, dans l’ordre de la Rédemption, à l’achèvement de l’œuvre créatrice : la Genèse nous dit que, lorsqu’il eut terminé l’œuvre des 6 jours, “Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon.” (Genèse (BJ) 1,31) : jusque là, il avait vu que chaque étape de son œuvre était bonne. Mais l’ensemble de son œuvre est “très bonne”. La Toussaint nous invite à regarder l’accomplissement vers lequel tend toute l’œuvre du Salut : ramener toute chose à Dieu, dans le Christ de telle sorte que la création tout entière, sanctifiée par l’homme lui-même saint, ne soit plus qu’une louange à la gloire de Dieu. L’Eucharistie, instrument de cette œuvre

Cette œuvre s’accomplit d’une manière éminente à travers le sacrement de l’Eucharistie. Le sacrement est en effet un rite joint à une parole qui produit ce qu’il symbolise. Or le rite nous montre que le Christ glorifié prend possession du pain et du vin pour devenir son corps et son sang. Ceux-ci nous sont ensuite donnés en nourriture de telle sorte que le Christ devienne notre vie. Nous sommes ainsi dans une communion vitale avec le Seigneur Jésu et par lui avec toute la Trinité. Cette communion avec Dieu est la source de toute communion fraternelle.

La prière pour entrer dans la communion des saints

La prière nous introduit dans une conscience plus vive de cette réalité de communion qui dépasse les expériences humaines de communion les plus fortes. La relation d’un père ou d’une mère avec leur enfant, d’un époux et d’une épouse ou encore de deux amis ne sont que des images déjà très belles mais cependant bien pâle en regard de la communion que réalise entre nous notre appartenance au Christ. C’est en effet la même vie qui coule en nous. Nous sommes vivifiés par le même Seigneur, conduits par le même Esprit vers notre unique Père.