Jeudi 28 août 2014

Le kanne brottrunck

Journée Sol du 12.03.2014

Le mercredi 12 mars 2014, à l’initiative et sur l’invitation nationale du « groupe Sol » des Journées paysannes, une vingtaine d’agriculteurs se sont retrouvés sur la ferme de Dominique et Véronique Grève, agriculteurs à Besayes, dans la Drôme.

Cette journée technique avait pour but la présentation d’un produit fermenté connu sous le nom de Kanne Brottrunk (de l’allemand Brot « pain » et Trunk « breuvage ») et commenté dans ses moindres détails par Laurent Chatagny, importateur exclusif du produit allemand. Ses bienfaits se déclineraient - des témoignages rapportés dans l’exposé en matinée par M. Chatagny levant alors le conditionnel – sur la santé de tout le vivant (compris la santé humaine), tant dans le règne animal que dans le règne végétal et le support de ce dernier, la terre, milieu vivant par excellence, dans laquelle il réorganise favorablement la vie microbienne. Ce moût de pain fermenté à base de blé, seigle, avoine, sel et levain – rien de plus naturel – développe des enzymes particulières. Il s’en suit la production d’un type de bactéries spécifiques, de la famille des bactéries lactiques (lactobacilles). Le PH très bas (3) stabilise le milieu en évitant l’oxydation qui, elle, est cet autre milieu contraire à la vie.

Si l’agriculture a très peu, ou très lentement, évolué au cours de plusieurs siècles successifs – ce depuis le Moyen-Âge – elle a, dès la 1re guerre mondiale, en recyclant ses gaz moutardes, subitement progressé en matière de rendement en s’appuyant inconditionnellement sur la théorie de Liebig et sa fertilisation probante mais aveugle, NPK (Azote, Potasse, Phosphore). Cette augmentation de rendement assurera l’indépendance et l’autosuffisance alimentaire en asseyant les « 30 glorieuses » agricoles sur la science de la chimie et ses recherches fructueuses.

Ce défi aujourd’hui atteint, l’attente du consommateur rassasié n’est dès lors plus quantitative mais qualitative : attentif à préserver sa santé, il est de plus en plus questionné par le contenu de son assiette et spécialement en terme de résidus de p.p.m (produits phyto-pharmaceutiques, nouveau vocable … pour désigner les pesticides).

L’agriculture de ces débuts du XXIe siècle, largement intégrée dans le souci environnemental (l’agriculteur occupe à lui seul 80% du territoire national), devra obligatoirement se tourner vers d’autres pratiques. Il y a alors les adeptes des OGM et du « tout OGM » qui, selon leurs partisans, sauveront le monde de la famine, et ceux qui cherchent d’autres voies afin d’atteindre la même sécurité alimentaire, mais sans défier le Créateur et l’ordre qu’Il a placé entre les créatures, ordre qui force son intérieur à l’émerveillement jusqu’à la béatitude. Les Journées paysannes, par vocation, ont choisi ce camp : le respect de la création et de ses rouages tellement bien réglés !

Le Kanne n’est évidemment pas la clé de cette imminente évolution de l’agriculture, mais il peut y participer à sa mesure en s’inscrivant dans la manœuvre qui opère, timidement encore, par la microbiologie et qui devrait s’assurer - à coup sûr pour le paysan qui s’efforce de cultiver en bon père de famille – une notoriété prochaine en terme d’agronomie. La journée s’est terminée de cette façon pratique en visitant la ferme de notre hôte qui nous ouvrit son poulailler de poules pondeuses, conduit en label agriculture biologique, et son champ de blé vert au pied de ce Vercors espérant, dès juillet, la meilleure moisson.