Vendredi 7 mai 2010

La course à la productivité ne mène plus à rien

Des progrès de productivité inégalés

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Parle-t- on de la productivité du travail ? Contrairement aux idées reçues, elle a augmenté au cours des soixante dernières années, dans l’agriculture, plus que dans n’importe quel secteur, y compris industriel. Un agriculteur nourrissait trois Français en 1950. Il en nourrit cinquante aujourd’hui. Les agriculteurs se comptaient par millions il y a cinquante ans, encore par centaine de milliers aujourd’hui, par dizaine de milliers bientôt, ce qui veut dire que la productivité du travail agricole va encore augmenter. À quoi rimera d’ailleurs de n’avoir plus que 50 000 agriculteurs dans un pays qui aura peut-être 5 millions de chômeurs ?

Parle-t-on de la productivité des autres facteurs ? Les rendements de la terre sont devenus si élevés qu’on dut un temps imposer des jachères. Le Salon de l’agriculture est le grand festival des super-performances : taureaux de plus d’1,5 tonne, vaches à plus de 10 000 litres de lait par an, brebis géantes etc. Or cette course à la performance — qui implique chez les meilleurs une conscience professionnelle extraordinaire et un grand amour du métier — n’a depuis quelque temps aucune incidence sur le revenu. On dira que ne vont au salon que les champions. Mais n’imaginons pas que ceux qui n’y vont pas soient très en dessous de ces performances. N’imaginons pas non plus que les champions gagnent beaucoup plus que les autres : malgré les flonflons et les médailles, certains sont très en difficulté.

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Voir en ligne : Agriculture : le leurre de la course à la productivité