Lundi 31 juillet 2017

Billet spirituel - Juillet 2017

info document - JPEG - 138.4 ko

" Que notre âme bénisse le Seigneur ( Ps. 102, 1) et que le Seigneur nous bénisse (Ps 66, 1) ".

Restons tout ce mois-ci avec le Seigneur qui nous donne le soleil et la pluie, qui nous donne sa bénédiction et que nous bénissons en retour. « Que nous bénissions le Seigneur, dit saint Augustin, nous grandissons ; qu’il nous bénisse, nous grandissons encore : l’un et l’autre nous profitent. C’est le Seigneur qui nous bénit le premier, et en conséquence nous le bénissons. Sa bénédiction est la pluie, la nôtre le fruit. Nous devons donc rendre à Dieu agriculteur la bénédiction du fruit lui qui nous arrose et nous cultive . Très clairement en effet, Dieu est appelé agriculteur (Jean, XV, 1) . L’Apôtre a dit : « Vous êtes le champ que Dieu cultive, l’édifice qu’il bâtit ( I Cor. III. 9)  ».  »Mais qu’ en-t-il de nous ? poursuit le même Père, peut-être que nous sommes les ouvriers de ce cultivateur, et cela par les forces qu’il nous a départies, par la grâce dont il nous a fait don. C’est donc lui qui cultive, lui qui donne l’accroissement. Mais tous les soins du vigneron pour sa vigne, se bornent à la bêcher, à la tailler, et aux autres travaux de la culture ; quant à faire pleuvoir sur sa vigne, il ne le saurait. S’il peut quelquefois l’arroser, avec quoi le peut-il ? II conduira bien l’eau dans la rigole, mais c’est Dieu qui donne la source d’eau. Enfin, dans sa vigne, il ne peut faire croître le sarment, il ne peut former du fruit, il ne peut modifier les espèces, il ne peut changer le temps de la germination. Mais Dieu qui peut tout est notre agriculteur, et nous sommes en sûreté… Que dit donc Notre-Seigneur Jésus-Christ ? « Je suis la vigne, et vous les branches, mon Père est le vigneron (Jean, XV, 1) ». Que la terre ait donc soif, et qu’elle crie sa soif ; car il est écrit : « Mon âme, sans vous, est comme une terre sans eau (Ps. CLXII, 6 ) ». Que notre terre, qui est nous-mêmes, soupire donc après la pluie, et dise : Que le Seigneur nous prenne en pitié, et qu’il nous bénisse »."

Les pères de l’Eglise ont toujours une leçon à nous transmettre parce qu’ils ont le souci de scruter la Sainte Ecriture avec le regard du cœur, celui qui ouvre non seulement à l’intelligence du texte sacré mais qui permet de savourer la Parole de Dieu. Dans ces quelques versets de psaume, ici, saint Augustin ne se borne pas à contempler la nature autour de lui car il sait bien que le Seigneur a tout créé pour nous faire diriger notre regard vers lui et qu’en regardant la beauté de la création, notre pensée monte presque d’elle-même vers l’auteur de toute cette beauté mais il va tout de suite à l’essentiel : oui, bien sûr, Dieu est agriculteur, vigneron et la Vigne même et cependant ce n’est pas cela qui l’attire mais c’est notre propre terre c’est à dire notre âme, notre vie or cette vie ne peut se soutenir toute seule, elle est radicalement dépendante de la gâce qui est participation de la vie divine, voilà ce qui est intéressant !

Alors son désir de pluie rejoint la soif de la samaritaine qui ne connaissait pas d’abord le mystérieux rafraîchissement que le Seigneur lui proposait car « cette femme dit encore saint Augustin, comprenait les choses dans un sens charnel ; heureuse de penser qu’elle n’aurait plus soif, …Venir continuellement à cette fontaine, s’en retourner chargée de la provision nécessaire pour subvenir à ses besoins ; puis, cette provision épuisée, se voir de nouveau contrainte à revenir, c’était là son travail de tous les jours, parce que cette eau qui soulageait la soif ne l’éteignait pas. Joyeuse de la promesse que lui fait le Christ de cette eau vive, elle demande au Seigneur de la lui donner. Ce que promettait Notre-Seigneur, c’était la plénitude et la satiété dont le Saint-Esprit est l’auteur. La Samaritaine ne le comprenait pas encore. »

Au fond , c’est toujours la grâce que demande le chrétien même s’il ne comprend pas toujours que le Seigneur est plus pressé de la lui communiquer que lui-même ne l’est de la recevoir. Le Seigneur aimerait tant tout donner et tout de suite c’est à dire tout se donner et maintenant, mais il respecte le temps et il se donne à la mesure du désir qu’il creuse dans les âmes : « ce que je veux, disait-il à Angèle de Foligno, c’est ton désir, ta faim, ta langueur ».

Profitons de l’été, pour augmenter notre désir de Dieu, pour nous remettre en paix avec lui, pour le rejoindre dans l’Eucharistie dominicale et dans toute sa belle création qui ne parle que de Lui. "Que le Seigneur nous bénisse et nous, bénissons le Seigneur".

Un moine de Triors

Documents à télécharger