Lundi 15 novembre 2010

Benoit XVI et le travail agricole

Angélus du dimanche 14 novembre 2010

ROME, Dimanche 14 novembre 2010 (ZENIT.org) - Les paroles prononcées par le pape Benoît XVI ce dimanche, à l’occasion de la prière de l’Angélus.

« Chers frères et sœurs,

Dans la deuxième lecture de la liturgie d’aujourd’hui, l’apôtre Paul souligne l’importance du travail pour la vie de l’homme. Cet aspect est aussi rappelé par la « Journée d’action de grâce » qui est célébrée traditionnellement en Italie ce deuxième dimanche de novembre en action de grâce à Dieu au terme de la saison des récoltes. Même si dans d’autres régions géographiques les temps des cultures sont naturellement différents, je voudrais aujourd’hui partir des paroles de saint Paul pour quelques réflexions, en particulier sur le travail agricole.

La crise économique actuelle, dont il a été question ces derniers jours dans la réunion de ce qu’on appelle le « G 20 », doit être prise très au sérieux : elle a de nombreuses causes et elle adresse un appel très fort à une révision profonde du modèle de développement économique global (cf. Encyclique « Caritas in veritate », § 21).

C’est un symptôme aigu qui est venu s’ajouter à d’autres bien plus graves et déjà bien connus comme le déséquilibre prolongé entre la richesse et la pauvreté, le scandale de la faim, l’émergence écologique, et le problème du chômage, désormais lui aussi général.

Dans ce cadre, une relance stratégique de l’agriculture semble décisive. En effet, le processus d’industrialisation a parfois rejeté dans l’ombre le secteur agricole, qui, tout en tirant à son tour bénéfice des connaissances et des techniques modernes, a cependant perdu de son importance, avec des conséquences notables aussi au plan culturel. Ce me semble être le moment d’un appel à ré-évaluer l’agriculture non dans un sens nostalgique, mais comme une ressource indispensable pour l’avenir.

Dans la situation économique actuelle, la tentation pour les économies plus dynamiques est de recourir à des alliances avantageuses, qui, cependant peuvent se révéler coûteux pour les autres Etats plus pauvres en prolongeant des situations de pauvreté extrême de masses d’hommes et de femmes et en épuisant les ressources naturelles de la terre, confiée à l’homme par le Dieu Créateur - comme le dit la Genèse - afin qu’il la cultive et qu’il la garde (cf. Genèse 2, 15).

En outre, en dépit de la crise, on constate encore que dans des pays d’ancienne industrialisation, on encourage des styles de vie marqués par un consumérisme intenable, et qui se révèlent également nuisibles pour l’environnement et pour les pauvres.

Il faut alors viser, de façon vraiment concertée, un nouvel équilibre entre agriculture, industrie et service, afin que le développement soit durable, que personne ne manque de pain ni de travail, et que l’air, l’eau et les autres matières premières soient préservés comme des biens universels (cf. « Caritas in veritate », § 27).

C’est pour cela qu’il est fondamental de cultiver et de diffuser une conscience éthique claire, à la hauteur des défis les plus complexes du moment présent ; de s’éduquer tous à une consommation plus sage et responsable ; de promouvoir la responsabilité personnelle ainsi que la dimension sociale des activités rurales, fondées sur des valeurs permanentes comme l’accueil, la solidarité, le partage de la fatigue du travail.

De nombreux jeunes ont déjà choisi cette voie ; des jeunes diplômés reviennent se consacrer à une entreprise agricole, avec le sentiment de répondre ainsi non seulement à un besoin personnel et familial, mais aussi à un signe des temps, à une sensibilité concrète pour le bien commun.

Prions la Vierge Marie pour que ces réflexions puissent stimuler la communauté internationale, tandis que nous élevons vers Dieu notre action de grâce pour les fruits de la terre et du travail humain. »

Cliquez ici pour écouter le discours de Benoit XVI sur Radio Vatican.

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