Mercredi 2 septembre 2015

18e Journée régionale Vallée du Rhône

Centre Notre-Dame de Parménie
Izeaux
Dimanche 30 novembre 2014

Cette année, notre journée régionale prit de la hauteur en se rendant au centre de retraites de Notre-Dame-de-Parménie, situé à proximité de Grenoble, dans la commune d’Izeaux, à 700 m d’altitude. Le thème portait sur l’aménagement du territoire, avec l’intervention de Monsieur Romain Rochas. Les participants retiendront notamment la convivialité et la joie qui ont habité cette journée.

Le lieu

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Après un café, très apprécié, offert par nos hôtes, et pour entamer cette nouvelle année liturgique (le 30 novembre étant le premier dimanche de l’Avent), le frère Emmanuel Wilhelm célébra la messe dans la jolie petite chapelle du lieu. Ce centre d’accueil est tenu par l’institut des Frères des Écoles Chrétiennes, fondé par saint Jean-Baptiste de La Salle (1651 - 1719). A la fin de la célébration, et dans cette même chapelle, frère Gilles, un des cinq frères résidant sur place, se livra, bien volontiers et avec enthousiasme, à la présentation du site et de la communauté. Il faut remonter au VIIIe siècle pour connaître l’histoire de Parménie. C’est sur cette colline que vinrent se réfugier les évêques de Grenoble et Vienne, chassés par les Sarrasins. Le 14 septembre 1219, fête de la Sainte Croix, les inondations dans la région grenobloise obligèrent les habitants à se mettre à l’abri sur cette colline. Un an après, le 14 septembre 1220, l’évêque de Grenoble demanda à faire un pèlerinage à Parménie pour rendre grâce. La foire de Beaucroissant, village situé au pied de cette colline, est née à cette époque. La Sainte Croix, c’est le nom retenu par l’évêque au moment de la création des nouvelles paroisses : Notre-Dame-de-la-Sainte-Croix. Le frère Gilles insista sur le fait que Parménie est un lieu de construction, de destruction et de… résurrection ! L’esprit de saints imprègne les lieux. Les reliques de la bienheureuse Beatrix d’Ornacieux (1260 – 1303) reposent dans la chapelle. Fondatrice de monastères, sa vie est marquée par la dévotion pour la passion du Christ. Pie IX la béatifia le 15 avril 1869. De même, les reliques de sœur Louise Ours se trouvent sous la chapelle. Confidente de Jean-Baptiste de La Salle, elle eut une action bienfaitrice sur le saint. Ce dernier vint la consulter en 1714. Après avoir créé des écoles pour les pauvres, les artisans et les enfants, il traversa une période difficile (déprime). Il décida de visiter les différentes communautés. C’est à Parménie qu’il reçut une lettre des frères de Paris lui ordonnant de reprendre en main l’œuvre fondée quelques années plus tôt. Aujourd’hui, les frères des Écoles Chrétiennes sont au nombre d’environ 400. De droit pontifical, ils dépendent directement du Pape. Malheureusement, peu de vocations viennent remplacer ceux qui partent vers la maison du Père. Les laïcs poursuivent la mission dans les écoles (140 en France).

Moments d’échanges

Les Journées paysannes, ce sont aussi les amitiés nouées au fil des années. Le repas partagé, toujours abondant, est le moment privilégié d’échanger des nouvelles. De plus, la salle est chaleureuse. La présentation des participants à la fin du déjeuner est l’occasion d’accueillir quelques nouvelles familles et de faire la connaissance de certains membres du conseil d’administration de l’association, restés après à la réunion de la veille qui s’est tenue chez Dominique et Véronique Grève, à Besayes. Nombreuses sont les personnes qui ont connu les Journées paysannes par les pèlerinages débutés à Rome lors de l’année jubilaire de 2000 et poursuivis, depuis, tous les deux ou trois ans. En début d’après-midi, Marceline de Bresc ne manqua pas l’opportunité d’annoncer le prochain pèlerinage qui se déroulera à l’Île-Bouchard (Indre-et-Loire) les 14 et 15 novembre 2015 (voir pp. 32-33 de la revue). En ce village, la Sainte Vierge, en 1947, a promis du bonheur pour les familles. Au cours de la brève présentation de l’association des Journées paysannes, furent évoqués, outre le pèlerinage, le projet d’un livret de prières pour soutenir la prière du lundi, le groupe sol, l’existence d’une quinzaine de groupes régionaux et les journées nationales sur le thème de l’agriculture familiale les 21 et 22 février 2015 à Souvigny (Allier). Dans cette région du Dauphiné, il est difficile de passer sous silence la nouvelle qui réjouit le cœur de nombreux agriculteurs : Marthe Robin (1902 – 1981), de Châteauneuf-de-Galaure, est déclarée vénérable depuis le 7 novembre 2014.

Conférence

Romain Rochas n’est pas inconnu des membres du groupe régional Sud-Est. En effet, il était intervenu à Chabeuil (Isère), en 1999, sur le thème « Mondialisation et mondialisme ». Ancien professeur d’aménagement du territoire à l’Institut Panafricain pour le Développement à Douala (Cameroun) avant de rejoindre la Cour des Comptes européenne, il aborda cette année le sujet des politiques d’aménagement du territoire en France. Il brossa un historique de ces politiques avec un premier rapport d’Eugène Claudius Petit en 1950 sur la question. Ensuite, ce fut la création de la DATAR (Direction interministérielle à l’Aménagement du Territoire et à l’Attractivité Régionale) en 1963. Une des premières actions de cet organisme vise à décongestionner la région parisienne en créant des métropoles d’équilibre dans l’ensemble de la France. Il constate que les principales décisions partent du haut et doivent s’appliquer aux échelons inférieurs. C’est contraire au principe de subsidiarité développé par la doctrine sociale de l’Église. Il fustige au passage cette « manie du gigantisme » où seuls les grands projets sont retenus, et le libre échangisme intégral, « doctrine » portée par l’Union Européenne. Pour lui, cette discipline de l’aménagement du territoire devrait chercher à humaniser les activités économiques, à revitaliser les groupes humains et à viser un développement intégral de l’homme. La notion de développement intégré lui tient à cœur. L’idée est de diversifier les activités dans un même territoire et que ces activités aient des relations entre elles. En conclusion, la politique d’aménagement du territoire est un ensemble de techniques qui doit tendre à favoriser la vitalité d’une région. Elle doit être portée par les personnes résidant dans ce territoire et non être imposée par « le haut ». Comment pouvons-nous contribuer à cette politique ? En tant qu’agriculteurs ? En tant qu’association Journées paysannes ? La tâche est immense et le débat n’est pas clos… La brume présente sur la colline nous empêcha de nous y dégourdir les jambes et d’apprécier le paysage de la vallée de l’Isère. Cependant, la joie de l’Avent et des retrouvailles habitait nos cœurs.

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