Vendredi 2 avril 2010

13% des agriculteurs envisagent de cesser leur activité en 2010

(sondage)

[ 02/04/2010 14:09 ] Environ 13% des exploitants agricoles, confrontés pour la plupart à des « difficultés financières trop lourdes », envisagent de cesser leur activité au cours des douze prochains mois, selon un sondage Ifop réalisé pour la FNSEA.

Extraits :

Ce phénomène concerne « toute la profession », et pas seulement les « anciens », proches de la retraite, a souligné un porte-parole de la FNSEA, principal syndicat agricole français. En effet, près des deux-tiers (62%) des personnes ayant répondu positivement invoquent des « difficultés financières trop lourdes ». Un quart (26%) seulement leur prochain départ à la retraite.

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Les agriculteurs attribuent leurs difficultés à la baisse des cours ou des prix de leurs productions (86%), au niveau trop élevé de leurs charges d’exploitation (73%) et au caractère trop contraignant de la réglementation environnementale ou sanitaire (56%, +5 par rapport au précédent sondage en octobre 2009). Une écrasante majorité (83%) estime par ailleurs que le gouvernement ne prend pas en compte leurs préoccupations, un chiffre relativement stable depuis octobre 2008, date de la première édition de ce baromètre de conjoncture agricole.

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Cette étude a été réalisée auprès d’un échantillon de 1.502 exploitants agricoles, sélectionnés selon la méthode des quotas et interrogés par téléphone ou sur leur lieu de travail, du 9 au 17 mars 2010.

Ce chiffre s’il devait se confirmer est proprement ahurissant ! Sur 7 à 8 agriculteurs, 1 envisage d’arrêter son métier à cause des prix agricoles trop bas et des règlementations trop compliqués ! Et c’est un sondage commandé par la FNSEA qui l’affirme ! Voila où nous a mené le productivisme.

Il est urgent d’opérer un virage complet de société.

L’objectif d’un projet de société réaliste incluant la question agricole devrait être de rebâtir une agriculture occupant à terme au moins 10 % des actifs dans un pays comme la France ( ce qui résorberait d’ailleurs le chomage à 100 %), avec un modèle de production le moins dépendant possible des intrants, un minimum de protection économique des produits aux frontières, et une politique de prix rémunérateurs plutôt que des compléments de prix sous forme de subventions.

Seule une telle société serait à même de garantir une autosuffisance et surtout une souveraineté alimentaire, en incluant aussi les aspects social (juste rémunération des travailleurs agricoles) et écologique.

Pour le moment aucun programme politique n’a encore avancé cette idée. C’est pourtant la seule réaliste. Une société dont la production alimentaire ne repose que sur 2 à 3  % de la population active, et sur les resources fossiles en voie d’épuisement, ne pourra tenir plusieurs décennies …

Peut-être aux Journées Paysannes de le faire ?

Voir en ligne : http://www.agrisalon.com/actualites…